Présenter aujourd’hui Sarah Bernhardt peut sembler un défi tant son mythe est immense. Pourtant, plus d’un siècle après sa disparition, son parcours exceptionnel continue de captiver et d’inspirer, révélant une artiste au charisme intemporel. Actrice, tragédienne, sculptrice, peintre, écrivaine, muse et icône, elle fut bien plus qu’une star : une révolution à elle seule. À l’aube du XXe siècle, elle incarne l’artiste totale, la femme libre, la pionnière qui porta le théâtre français sur les scènes du monde entier et incarna une modernité artistique et médiatique sans précédent. Surnommée « la Divine », « la Voix d’Or » ou encore « l’Immense », elle a su transformer chaque apparition en événement, chaque rôle en légende. L’exposition dévoile un ensemble exceptionnel issu d’une collection privée, constitué au fil des années. Affiches, photographies, sculptures, bijoux de scène, costumes et objets rares permettent d’explorer les multiples facettes de cette artiste hors norme, entre création, représentation et légende. Une sacrée carrière Sarah Bernhardt (de son vrai nom Henriette-Rosine Bernard), née le 22 octobre 1844 à Paris et morte le 26 mars 1923 dans la même ville, est considérée comme la première star internationale de l'histoire et l'une des plus grandes tragédiennes françaises du XIXe et du début du XXe siècle. Surnommée par Victor Hugo la « Voix d'or » et par Jean Cocteau le « monstre sacré », elle a marqué son époque par son talent, son excentricité et son indépendance. [1, 2, 3, 4] Au commencement, née fille d’une courtisane, Sarah Bernhardt entre au Conservatoire grâce au précieux soutien du duc de Morny. Elle fait ses premiers pas sur les planches de la Comédie-Française en 1862, mais s’en éloigne rapidement suite à un différend. Sa véritable révélation survient au Théâtre de l’Odéon, où elle triomphe dans Le Passant en 1869, puis dans Ruy Blas de Victor Hugo en 1872, captivant le public par son talent exceptionnel. De retour à la Comédie-Française, elle incarne avec une intensité remarquable Phèdre, et se distingue également dans des rôles audacieux, notamment des personnages travestis comme L’Aiglon d’Edmond Rostand et Hamlet, démontrant toute l’étendue de son art. Visionnaire et indépendante, elle fonde en 1880 sa propre compagnie théâtrale, lançant des tournées triomphales à travers le monde. En 1898, elle prend les rênes du Théâtre Sarah-Bernhardt à Paris, affirmant ainsi son statut de femme d’affaires et de grande figure culturelle. Une artiste complète et audacieuse
Au-delà de son exceptionnel talent d’actrice, Sarah Bernhardt explore avec succès les arts plastiques, se consacrant à la peinture et à la sculpture. Elle expose ainsi ses œuvres au prestigieux Salon des artistes français, affirmant son génie multi-disciplinaire. Elle construit également avec soin son propre mythe, alliant extravagance et stratégie : costumes somptueux, animaux exotiques, et une présence photographique marquante auprès du célèbre Nadar. Sa figure emblématique s’impose aussi à travers les affiches révolutionnaires d’Alphonse Mucha, contribuant à sa légende. Sa devise, « Quand même », est le fil conducteur de son existence, lui permettant de surmonter critiques et obstacles avec une détermination inébranlable Une femme d’engagement et de courage
En 1870, durant le siège de Paris, Sarah Bernhardt transforme son théâtre de l’Odéon en hôpital militaire, prenant elle-même le rôle d’ambulancière pour soigner les blessés. Militante passionnée, amie fidèle d’Émile Zola et fervente défenseure de la cause dreyfusarde, elle s’engage avec force pour le droit de vote des femmes et s’oppose fermement à la peine de mort. Pendant la Grande Guerre, malgré une tuberculose osseuse qui conduit à l’amputation de sa jambe droite en 1915, elle poursuit sa carrière théâtrale assise et se rend régulièrement au front pour apporter un soutien moral aux soldats dans les tranchées. Sarah Bernhardt s’éteint en 1923, alors qu’elle est en plein tournage. Ses funérailles nationales, grandioses, témoignent de l’immense empreinte qu’elle laisse avant son inhumation au cimetière du Père-Lachaise. Colette de Lucia Commissariat : Commissaires d’exposition : Pierre-André Hélène, historien de l’art, conservateur et collectionneur. Conseiller artistique du Palais Lumière : William Saadé. Scénographe : Julia Dessirier. Les commentaires sont fermés.
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