PRIMA FACIE / Suzie Miller |
| Aborder la figure de Johnny Hallyday impose de se confronter à une carrière monumentale et complexe. Plutôt que de s'engager dans un biopic traditionnel ou un énième hommage, ce spectacle choisit de creuser un sillon unique : questionner la puissance de l'idole et son emprise sur nos cœurs. Qu'il divinise ou qu'il agace par ses excès, cet artiste magnétique possédait le don rare de secouer les âmes en profondeur et de ne laisser personne indifférent. Sur scène, un comédien évolue dans un dénuement presque sacré, entouré de simples câbles et de pieds de micros. Cette solitude scénique fait écho à celle, absolue, de l'icône retranchée derrière son statut de divinité inaccessible. À travers les différents personnages qui s'invitent dans le récit, se dessine la béance qui sépare le commun des mortels de ces êtres érigés en dieux, révélant la fragilité cachée derrière la gloire. Portée par un triple mode poétique, burlesque et musical, cette rêverie théâtrale invite à une réflexion pleine d'humour et de profondeur sur notre rapport à la célébrité. Au bout du voyage, l'enjeu n'est pas tant de percer le mystère de l'homme-Johnny, mais plutôt de nous révéler à nous-mêmes en interrogeant la nature de nos propres idoles, quelles qu'elles soient. CdL |
Tibor Ockenfels et Flavie Tapparel débordent d’une énergie vibrante et d’une passion théâtrale contagieuse, embrassant ce défi avec un enthousiasme palpable. Le monde a changé ; les relations amoureuses et leurs langages évoluent à une vitesse fulgurante. Que peuvent encore nous dire aujourd’hui ces œuvres, qui, à leur époque, ont révolutionné le théâtre russe en mêlant habilement comédie de mœurs et critique sociale ?
Derrière leur apparence de comédies romantiques, La Demande en mariage et L’Ours révèlent des joyeux mécanismes, des farces dont la folie s’amplifie crescendo. Deux couples s’y affrontent aussi passionnément qu’ils s’aiment. Mais qu’est-ce donc, l’amour ? Leurs soucis sont matériels, leurs émotions volatiles, leurs regards souvent égoïstes. Ces hypocrites, ces colériques, ces crédules nous ressemblent, comme de lointains cousins venus nous rappeler notre propre humanité.
Il est certain que, au-delà des siècles, leurs péripéties résonnent encore en nous, et que la mécanique subtile de leurs dialogues nous emplit de joie. Avec l’espoir, toujours, que malgré les malentendus, l’amour finisse par triompher… ---cdL
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Avec Estelle Bridet, Matteo Prandi, Raphaël Vachoux
D’Anton Tchekhov, traduction André Markowicz et Françoise Morvan, mise en scène Tibor Ockenfels et Flavie Tapparel, scénographie Valeria Pacchiani, lumières et univers sonore Sébastien Graz, costumes Anna Pacchiani Cressaty, accessoires Sandy Tripet
Éditions Babel/Actes Sud
Production Théâtre de Carouge
Avec le soutien de la Fondation Leenaards
Création le 24 août 2026 au Théâtre de Carouge, en plein air
Oncle Vania | Tchekhov, mis en scène par Françoise Courvoisier
est à découvrir jusqu'au 11 octobre 2026 aux Amis Musiquethéâtre à Carouge
Son arrivée bouleverse l’équilibre précaire de Sonia, sa fille, et d’oncle Vania, frère de Vera, qui gèrent tant bien que mal le domaine familial. La présence d’Elena, la jeune et séduisante nouvelle épouse du professeur, réveille en eux des passions longtemps assoupies...
Cette œuvre surprend par sa modernité, notamment à travers le personnage d’Astrov, le médecin engagé dans la lutte contre la déforestation, qui dénonce la destruction de la nature par l’homme.
Les tensions familiales restent intemporelles, mêlant rapports de domination, frustrations, peur du vieillissement, angoisse de la mort, et chez la jeune Elena, la peur de l’avenir et la difficulté de choisir entre amour et devoir.
En somme, ce chef-d’œuvre de Tchekhov révèle toute la complexité de l’âme humaine, à la fois merveilleuse et redoutable, où le tragique de la vie s’entrelace avec un humour profond et désarmant, comme ses carnets personnels l’attestent. CDL
SARAH BERNHARDT |
Sarah Bernhardt chez elle. Photographie, Dornac, 1890 © Suzanne Nagy. Actrice, tragédienne, sculptrice, peintre, écrivaine, muse et icône, elle fut bien plus qu’une star : une révolution à elle seule. À l’aube du XXe siècle, elle incarne l’artiste totale, la femme libre, la pionnière qui porta le théâtre français sur les scènes du monde entier et incarna une modernité artistique et médiatique sans précédent. Surnommée « la Divine », « la Voix d’Or » ou encore « l’Immense », elle a su transformer chaque apparition en événement, chaque rôle en légende.
L’exposition dévoile un ensemble exceptionnel issu d’une collection privée, constitué au fil des années. Affiches, photographies, sculptures, bijoux de scène, costumes et objets rares permettent d’explorer les multiples facettes de cette artiste hors norme, entre création, représentation et légende.
Sarah Bernhardt dans la Dame aux camélias - Alexandre Dumas fils, 1880, rôle de Marguerite Gauthier. Photographie Rochlitz Studio, 1890 © Suzanne Nagy Sarah Bernhardt (de son vrai nom Henriette-Rosine Bernard), née le 22 octobre 1844 à Paris et morte le 26 mars 1923 dans la même ville, est considérée comme la première star internationale de l'histoire et l'une des plus grandes tragédiennes françaises du XIXe et du début du XXe siècle. Surnommée par Victor Hugo la « Voix d'or » et par Jean Cocteau le « monstre sacré », elle a marqué son époque par son talent, son excentricité et son indépendance. [1, 2, 3, 4]
Au commencement, née fille d’une courtisane, Sarah Bernhardt entre au Conservatoire grâce au précieux soutien du duc de Morny. Elle fait ses premiers pas sur les planches de la Comédie-Française en 1862, mais s’en éloigne rapidement suite à un différend.
Sa véritable révélation survient au Théâtre de l’Odéon, où elle triomphe dans Le Passant en 1869, puis dans Ruy Blas de Victor Hugo en 1872, captivant le public par son talent exceptionnel.
De retour à la Comédie-Française, elle incarne avec une intensité remarquable Phèdre, et se distingue également dans des rôles audacieux, notamment des personnages travestis comme L’Aiglon d’Edmond Rostand et Hamlet, démontrant toute l’étendue de son art.
Visionnaire et indépendante, elle fonde en 1880 sa propre compagnie théâtrale, lançant des tournées triomphales à travers le monde. En 1898, elle prend les rênes du Théâtre Sarah-Bernhardt à Paris, affirmant ainsi son statut de femme d’affaires et de grande figure culturelle.
Elle construit également avec soin son propre mythe, alliant extravagance et stratégie : costumes somptueux, animaux exotiques, et une présence photographique marquante auprès du célèbre Nadar. Sa figure emblématique s’impose aussi à travers les affiches révolutionnaires d’Alphonse Mucha, contribuant à sa légende.
Sa devise, « Quand même », est le fil conducteur de son existence, lui permettant de surmonter critiques et obstacles avec une détermination inébranlable
En 1870, durant le siège de Paris, Sarah Bernhardt transforme son théâtre de l’Odéon en hôpital militaire, prenant elle-même le rôle d’ambulancière pour soigner les blessés.
Militante passionnée, amie fidèle d’Émile Zola et fervente défenseure de la cause dreyfusarde, elle s’engage avec force pour le droit de vote des femmes et s’oppose fermement à la peine de mort.
Pendant la Grande Guerre, malgré une tuberculose osseuse qui conduit à l’amputation de sa jambe droite en 1915, elle poursuit sa carrière théâtrale assise et se rend régulièrement au front pour apporter un soutien moral aux soldats dans les tranchées.
Sarah Bernhardt s’éteint en 1923, alors qu’elle est en plein tournage. Ses funérailles nationales, grandioses, témoignent de l’immense empreinte qu’elle laisse avant son inhumation au cimetière du Père-Lachaise.
Colette de Lucia
Commissariat :
Commissaires d’exposition : Pierre-André Hélène, historien de l’art, conservateur et collectionneur. Conseiller artistique du Palais Lumière : William Saadé. Scénographe : Julia Dessirier.
Un prince danois aux commandes du TO!
Un royaume oui, un roi jamais ! - Valeria Berlotto
d’après Hamlet de William Shakespeare - Du 15 au 19 juillet, a été exceptionnel
« ZANIMAL » : UN THÈME DE CHOIX POUR FAIRE LE... FOIN
FESTIVAL AU BONHEUR DES MÔMES
Les réservations débutent dès ce lundi 7 juillet à 9h, alors ne perdez pas une seconde! Vous pourrez acheter vos billets directement auprès de l’Office de tourisme du Grand-Bornand ou en toute simplicité sur le site officiel du festival : www.aubonheurdesmomes.com. Gardez à l’esprit que les places sont limitées et que l’engouement est énorme, alors soyez prêts à réserver pour ne rien manquer de cette fête extraordinaire.
Cette édition s’annonce plus folle que jamais grâce à son thème original et haut en couleur : « ZANIMAL » ! Un univers fantastique où les animaux sont à l’honneur pour faire le... foin et éveiller l’imagination de tous. Attendez-vous à des surprises délirantes, des rencontres magiques et des moments de bonheur partagés en famille ou entre amis. Le festival promet une explosion de rires, de découvertes et de joie, le tout dans une ambiance chaleureuse et festive.
Alors, préparez-vous à embarquer pour un voyage inoubliable rempli d’émotions, de créativité et de bonne humeur. Le festival « Au Bonheur des Mômes » vous attend pour célébrer ensemble la magie de l’enfance et le plaisir de s’amuser tous ensemble !
Colette de Lucia
Une Barbe Bleue ébouriffante
Du 25 mai au 19 juin 2026, le camion-théâtre du Théâtre de Carouge repart à la rencontre des Genevois avec le spectacle itinérant Vous avez dit Barbe Bleue ?
Dates et lieux à suivre
photo © Lauren Pasche Sous la direction malicieuse de Guillaume Pidancet, le trio donne vie à un spectacle où la curiosité, loin d’être un chemin vers le drame, devient la clé d’une joie libératrice. Fini le récit originel où une jeune mariée transgresse l’interdit de son époux pour découvrir, sidérée, l’horreur des féminicides : ici, l’héroïne s’affranchit avec panache, sans l’ombre d’une peur bleue, et s’éveille à une liberté triomphante.
Cette relecture pleine de malice et de finesse invite le spectateur à redécouvrir un conte intemporel sous un jour nouveau, où la transgression mène non à la tragédie, mais à l’émancipation joyeuse.
C. De LUCIA
UN RAPPORT SUR LA BANALITÉ DE L'AMOUR - Accueil
de Mario Diament - Adaption française : André Nerman - Du 26 mai au 7 juin 2026
mardi, mercredi, vendredi, samedi et dimanche à 19h00 - jeudi à 20h - lundi relâche Durée du spectacle : 1h25
Cette pièce décrit la passion amoureuse intense entre deux êtres exceptionnels, au cœur de l’ombre menaçante de l’Allemagne nazie. Tout semblait pourtant les opposer.
Il s’agit de Martin Heidegger, professeur de philosophie à l’université de Marbourg, et de son étudiante Hannah Arendt, fascinée par son génie. Leur relation devient rapidement celle d’amants. Pourtant, Hannah est juive et farouchement opposée à Hitler, tandis que Martin y voit un renouveau pour l’Allemagne, allant jusqu’à s’engager un temps dans le mouvement nazi.
Le spectacle dévoile un amour d’une telle force qu’il bouleverse les convictions mêmes, dans une quête désespérée non pas de comprendre, mais de pardonner ou d’être pardonné… Malgré le gouffre idéologique qui les sépare, les amants se retrouvent régulièrement.
Cet amour impossible et passionné se déploie avec intensité, oscillant entre sensualité et la violence des débats qui les déchirent. C’est une lutte entre le cœur et la conscience, écrasée par la force implacable de l’Histoire.
Colette DE LUCIA
CLAUDINE "J'AIME PAS L'BONHEUR" re-création
de Marjolaine Minot - Mise en scène : Günther Baldauf
Co-production : Compagnie Majolaine Minot, Théâtre Alchimic et Théâtre Nuithonie
Du 10 au 18 jun et du 23 au 26 juin 2026 mardi, mercredi, vendredi, samedi et dimanche à 19h00 - jeudi à 20h
lundi relâche Durée du spectacle : 1h10 - Lieu : 10 rue Industrielle - Carouge - Acacias
Entre l’humour pince-sans-rire de Chaplin et l’ironie mordante de Desproges, Claudine, personnage à la fois cocasse et profondément attachant, tisse autour d’elle un univers singulier, une ode aux petits riens qui illuminent le cœur. Elle habite une vieille maisonnette nichée au bout d’une impasse oubliée, au milieu d’un capharnaüm poussiéreux où chaque objet, posé avec précaution, semble prêt à basculer dans un fracas suspendu.
Choisissant délibérément la retraite du monde, Claudine clame haut et fort qu’on ne doit pas venir la déranger. Seule dans son refuge, elle a su apprivoiser l’art de la joie simple, inébranlable. Mais une ombre plane : sa nièce, figure d’autorité menaçante, ambitionne de lui ravir cette douce bulle de bonheur en la contraignant à une maison de retraite. Pour sauvegarder ce fragile équilibre, Claudine déploie alors toute son ingéniosité, prouvant à qui veut l’entendre que le bonheur n’a ni âge ni lieu fixe.
Ce spectacle est une renaissance vibrante de cette comédie irrésistible et délicieusement (im)pertinente, qui avait déjà conquis les cœurs il y a près de dix ans au théâtre Alchimic, dans une première incarnation tout aussi mémorable.
C. D.L.
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